Signature de la convention de financement du projet d’amélioration de la qualité de l’offre de soins en santé maternelle et néonatale dans les préfectures de Bambari et Berbérati

Signature de la convention de financement
du projet d’amélioration de la qualité de l’offre de soins
en santé maternelle et néonatale
dans les préfectures de Bambari et Berbérati

Discours de S. Exc. M. Serge MUCETTI
Ambassadeur, Haut Représentant de la République Française auprès de la République Centrafricaine

18 décembre 2012

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En préambule, je voudrais avoir une pensée pour les populations du Nord et de l’Ouest qui souffrent des combats qui s’y déroulent et en particulier les déplacés de l’intérieur, réfugiés dans des camps après avoir déjà tout perdu et dont les espoirs de retour risquent d’être encore retardés.

Mesdames et Messieurs, j’ai encore en mémoire les propos que nous avons échangés avec Mme Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel de médecine, lors de sa visite à Bangui, en octobre dernier.

Nous avons l’un et l’autre affirmé que la défense des droits des femmes et de l’égalité femmes-hommes est une priorité en Afrique et en République centrafricaine. C’est une des priorités de la France à laquelle j’attache une importance particulière et que je suis de près personnellement.

La stratégie genre et développement sera d’ailleurs prise en compte dans tous les domaines de la coopération française.

Il y a beaucoup à faire car, malgré tous les textes conventionnels internationaux et tous les efforts fournis en faveur de leurs droits, les femmes font encore l’objet de violences inacceptables et de discriminations injustifiables.

C’est pourquoi, le bilan des objectifs du Millénaire pour le développement dressé lors de la session de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2010, a dégagé 4 priorités :

1/ la participation effective des femmes aux processus de décision politiques et économiques ;

2/ l’accès des femmes au marché du travail et à des activités économiques à forte valeur ajoutée ;

3/ le contrôle par les femmes de leur corps, des naissances et l’accès à la santé sexuelle et reproductive ;

4/ le respect des droits des femmes et la lutte contre les violences.

L’impact des intégrismes religieux sur les acquis internationaux relatifs aux droits des femmes et à leurs droits sexuels et reproductifs sera un des sujets centraux des prochaines conférences internationales. Sachez, Mesdames et messieurs, que la France s’opposera systématiquement à la remise en cause de ces acquis.

Ce sera sans doute aussi un des sujets majeurs du forum mondial des femmes francophones qui se tiendra à Paris, du 19 au 21 mars 2013. Tous les aspects de la condition des femmes y seront évoqués notamment celui de ces jeunes femmes qui meurent encore en trop grand nombre à la naissance d’un enfant.

En Afrique subsaharienne :

- entre 350 000 et 500 000 femmes meurent chaque année des complications liées à la grossesse ou à l’accouchement ;

- 1 femme sur 4 ne peut utiliser un moyen de contraception faute d’y avoir accès ;

- plus de la moitié des accouchements se déroule sans personnel qualifié ;

- dans certains pays, en République Centrafricaine, mais aussi au Tchad, au Mali et au Niger, plus de 60% des femmes sont mariées ou vivent en concubinage bien avant leur 18ème anniversaire.

- les jeunes filles enceintes de moins de 15 ans ont cinq fois plus de risque de mourir lors de l’accouchement que les jeunes femmes d’une vingtaine d’années. Or la plupart de ces décès pourrait être facilement évités grâce :

- à des politiques de planification familiale garantissant les droits sexuels et reproductifs et l’avortement sécurisé ;

- et à des mesures de protection des mineures permettant de lutter efficacement contre les violences et les grossesses précoces.

En 2010, lors du sommet du G8 de Muskoka, la France s’est engagée à hauteur de 500M€ pendant 5 ans (2011-2015) dans la lutte contre la mortalité maternelle et infantile dans 16 pays d’Afrique subsaharienne, à Haïti et en Afghanistan.

Le sujet qui nous vaut de nous réunir aujourd’hui, ce « Projet d’amélioration de la qualité de l’offre de soins en santé maternelle et néonatale dans deux sous-préfectures de RCA » cofinancé par la France et mis en œuvre par la Croix rouge française avec le soutien de l’UNICEF, s’inscrit dans ce contexte général volontariste. Son objectif de santé publique est clair : améliorer la santé maternelle de 8 800 femmes enceintes et 38 400 femmes en âge de procréer dans les préfectures de Bambari et Berbérati, pendant sa période d’exécution de 25 mois.

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Ce dispositif permettra à toutes les femmes concernées d’accoucher en maternité, avec une bonne prise en charge des éventuelles complications obstétricales, comporte deux volets principaux :

- le premier, de renforcement des capacités du personnel soignant par une meilleure formation des sages femmes ;

- le deuxième, d’amélioration de la gestion hospitalière à travers une enquête auprès des bénéficiaires de soins materno-infantiles, afin de mesurer les impacts du projet sur les comportements usuels et d’en évaluer la pertinence au regard des objectifs nationaux de santé publique.

Je voudrais saluer en conclusion le rôle de la Croix rouge française qui nous accueille aujourd’hui et de l’UNICEF, dans la mise en œuvre de ce projet.

Je veux croire que la perspective de la fête de Noël, chargée de symbole de paix, de bonheur familial et de l’enfance, est un heureux présage pour la réussite de cette entreprise.

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Dernière modification : 20/12/2012

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