Reconstruction urbaine : regards croisés Bangui et Port-au-Prince

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Visite sur site, Ballergeau, un quartier réaménagé à la suite des destructions massives causées par le séisme, Port au Prince, Haïti, 2016

En 2010, Port-au-Prince, capitale de Haïti, a été touchée par un violent séisme qui a détruit 300 000 bâtiments, fait 250 000 morts, coupé les services publics et poussé des milliers de rescapés dans des camps de fortune.
En 2013 et 2014, une crise civilo-militaire a secoué la République Centrafricaine, faisant d’importants dégâts à Bangui. 6000 personnes sont mortes pendant les affrontements, 4 500 logements et édifices publics ont été détruits et 18 000 ont été endommagés, tandis qu’un habitant sur 4 a fui vers des camps de déplacés ou dans les pays limitrophes. Dans les deux villes, l’Etat n’était plus en mesure d’assurer la bonne marche des services urbains de base après la crise, et l’aide internationale a afflué pour contribuer à la reconstruction urbaine et sociale.

Bangui fait aujourd’hui face à des enjeux de reconstruction comparables à ceux sur lesquels la ville de Port-au-Prince s’est progressivement reconstruite depuis le séisme il y a 6 ans.

Dans le but de tire les leçons de l’expérience haïtienne et de réfléchir à des solutions applicables au cas de Bangui, une délégation de neuf experts centrafricains du développement urbain et social a pu se rendre en Haïti du 29 Aout au 4 septembre 2016.
La mission était composée de deux cadres du Ministère de l’Urbanisme, de deux cadres techniques de la Mairie de Bangui, d’un représentant du Ministère des Affaires Sociale, d’un représentant de la Société de distribution d’eau (SODECA), d’un ingénieur de l’AGETIP CAF et de deux représentants de la société civile.

Cette initiative d’échange Sud-Sud a renforcé les liens entre les participants, tous issus d’institutions incontournables et complémentaires pour le développement urbain centrafricain. Un travail en profondeur sur le terrain haïtien leur a ouvert des perspectives d’interventions et une volonté de travailler ensemble plus étroitement, à la fois entre autorités publiques, mais aussi en impliquant réellement les populations dans la recherche de solutions pérennes et adaptées. Les participants ont souligné que les effets de la crise peuvent être vus au contraire comme une véritable opportunité pour reconstruire les quartiers touchés de Bangui de manière plus durable et inclusive.

En s’appuyant sur le cas d’Haïti, des perspectives s’ouvrent pour que les autorités concrétisent des propositions en faveur du retour des populations déplacées dans un environnement urbain amélioré.
Le projet PRESU de reconstruction urbaine à Bangui, financé par l’Agence Française de Développement, leur offre l’opportunité d’expérimenter ce type d’approches dans les quartiers des 3ème et 5ème arrondissements, qui ont été particulièrement touchés par les épisodes de crise.

De retour à Bangui, la délégation participant à cet échange a organisé vendredi 30 septembre un premier rendez-vous de restitution, et a pu nouer un dialogue riche auprès des institutions partenaires. Cette dynamique de réflexion partagée appelle à être poursuivie et à devenir force de propositions pour répondre à la priorité de reconstruction de la capitale.

Un film documentaire qui retrace le travail du groupe à Port-au-Prince sera diffusé le 19 octobre à Quito, à l’occasion de la Troisième conférence des Nations Unies sur l’Habitat, à laquelle la Centrafrique participe.

Cette initiative a été soutenue financièrement par l’Agence Française de Développement et a bénéficié de l’appui technique de l’association Urgence – Réhabilitation – Développement (URD).

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Dernière modification : 17/10/2016

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