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Coopération universitaire, éducative et culturelle

En raison d’une communauté historique et linguistique partagée, la France a une politique culturelle diversifiée, mais centrée sur le développement de la Francophonie.

En effet, la dégradation continue du secteur éducatif national, particulièrement marquée en province, a entraîné un effondrement de la maîtrise de la langue française dans le pays, ce qui ajoute à son enclavement géographique un isolement linguistique, culturel et humain préjudiciable à la dynamique d’intégration régionale, notamment dans la zone CEMAC. Cette dernière constitue pourtant, pour la RCA, un fort espace de solidarité, en même temps qu’elle lui donne la dimension nécessaire à son développement.

Eu égard à ces handicaps et à l’importance des enjeux pour l’avenir du pays, la politique de la coopération française est orientée, pour les prochaines années, selon les axes suivants :

a) Le renforcement du français et de la Francophonie

L’objectif est de promouvoir l’usage du français dans le pays et de conforter l’ancrage régional francophone de celui-ci au sein de l’espace CEMAC.

Un projet du FSP PADIFF (Projet d’appui à la diffusion du Français et à la francophonie) doit privilégier des actions spécifiques à l’extérieur de la capitale : renforcement de la maîtrise du français pour ceux qui ont vocation à l’enseigner ou à le pratiquer : instituteurs, professeurs, étudiants, journalistes, agents de l’administration et du secteur privé ; mise en place d’un réseau d’informations et de documentation assurant la promotion de la culture littéraire et scientifique francophone dans l’ensemble du pays.

Ce projet se coordonne avec l’intervention française en faveur du secteur éducatif, dans le cadre de l’Initiative "Education pour tous - Procédure accélérée" (également appelée Initiative "Fast Track"), à laquelle la République centrafricaine a été admise, bénéficiant d’un don du Fonds catalytique de 37,8 M $, pour la période 2009-2011.

Il s’appuie sur les réalisations (création de six centres d’accès à l’Internet) du projet FSP mobilisateur d’appui au désenclavement numérique (ADEN), et s’articule également avec le projet d’appui au renforcement de l’État de droit, dont une composante soutient le développement des médias centrafricains, notamment par la formation des journalistes, en collaboration avec l’UNESCO et l’Organisation Internationale de la Francophonie, ainsi qu’avec d’autres partenaires tels que l’Institut Panos, RFI ou Radio Ndéké Luka (radio hébergée par le PNUD à Bangui).

b) Le renforcement des partenariats universitaires

La question du non-renouvellement des élites se pose de manière cruciale du fait de la situation de délabrement de l’ensemble du système éducatif et des difficultés de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui a souffert jusqu’ici de l’absence d’une véritable politique sectorielle visant à fournir au pays les cadres dont il a besoin pour son développement.

Eu égard à l’importance de ces enjeux, l’appui de la coopération française s’attache en priorité à l’élaboration d’une politique sectorielle cohérente en matière d’enseignement supérieur et de recherche, prenant en compte la nécessaire adaptation aux besoins du développement du pays et aux possibilités du marché du travail.

La coopération française s’appuie sur des partenariats universitaires organisés autour de projets pluriannuels. Ils concernent la chimie de l’eau et la biochimie, les mathématiques et l’informatique (Lille), la médecine et en particulier la neurologie tropicale (Limoges), l’anthropologie et la sociologie (Aix-Marseille), l’environnement et la climatologie (Dijon), et, prochainement, les sciences politiques, économiques et juridiques (Bordeaux). Ils visent à appuyer une structure centrafricaine dédiée à la recherche universitaire.

Dans cette logique, les bourses d’études sont prioritairement allouées aux étudiants en master 2 et en doctorat (séjours de thèse en alternance). Les formations à distance sont également développées en partenariat avec le Campus numérique francophone, représentant de l’Agence Universitaire francophone (AUF), financée à plus de 80 % par la France et qui est le seul autre partenaire appuyant l’Université.

La Coopération française s’efforce également de favoriser l’arrivée d’autres partenaires, en particulier la Banque Mondiale et la BAD dans le contexte de leur réengagement dans le pays.

c) Le développement de la recherche

Dans le domaine de la recherche, et en complément des interventions à l’Université, l’accent est mis sur le développement de la recherche médicale (Sida et maladies émergentes) avec l’appui de l’Institut Pasteur de Bangui (trois assistants techniques français) et sur la mise à disposition de l’information scientifique et technique au profit des chercheurs et des universitaires, ainsi que sur la sauvegarde du patrimoine documentaire national.

L’assistance technique française en poste à l’Université appuie fortement les équipes centrafricaines dans la préparation de projets de recherche liés au développement et dans leur soumission au programme scientifique CORUS financé par la France.

De plus, en matière de recherche appliquée, la France appuie fortement le projet centrafricain d’Appui à la recherche forestière (ARF) de Mbaïki, notamment par la mise à disposition d’un volontaire international et par des missions de chercheurs du CIRAD. L’Institut supérieur de Mbaïki (ISDR) est également soutenu à ce titre.

d) La diversité culturelle

L’objectif est d’assurer une politique culturelle de qualité, diversifiée et touchant un public le plus large possible. Le soutien à la création artistique et culturelle nationale (théâtre et édition en particulier) et la diffusion de la culture francophone sont privilégiés. Les interventions s’appuient fortement sur l’Alliance française de Bangui qui constitue un opérateur d’excellence en raison de la qualité de ses infrastructures et du dynamisme et de la diversité de ses activités qui entraînent une fréquentation importante de l’établissement. L’Alliance française constitue en outre un centre de formation linguistique et professionnel de référence. Celui-ci bénéficie des compétences d’un détaché (le directeur) de deux assistants techniques et d’un volontaire international français.

La promotion de la diversité culturelle et de la francophonie est l’une des actions prioritaires de la programmation de l’ambassade de France.

En 2010, le projet de promotion de la diversité culturelle et de la francophonie (445.564 euros en 2010, après 337.710 euros en 2009) comporte quatre axes :

1) le soutien à l’Alliance française de Bangui : l’appui à cet établissement, qui est le seul centre culturel et linguistique d’envergure du pays, représente près de 65 % de l’enveloppe de ce projet, en dépit de baisses successives de la subvention depuis 2008.

2) francophonie et promotion du français par les structures centrafricaines (217.370 euros après 90.030 euros en 2009) : Un soutien particulièrement important est prévu en direction des structures centrafricaines concourant à la promotion du français (appui de 80.000 euros, financement d’un stagiaire FLE, invitation de présidents d’associations centrafricaines et de différents acteurs de la francophonie, et plusieurs missions de formation dont une pour l’usage du tableau blanc interactif.

3) appui à la déconcentration des activités culturelles et à la politique du livre (24.050 euros) : il est prévu de poursuivre l’effort en direction des structures centrafricaines œuvrant en matière culturelle et dans le secteur de la lecture. Trois invitations pour des artistes centrafricains leur ont permis de participer au salon du livre d’aventures de Vernon, en lien avec la diaspora centrafricaine en France en mars 2010.

4) appui aux médias (24.194 euros en 2010 après 8.030 euros en 2009) : en complémentarité au volet médias du projet AREDCA qui a été porté à 5.000 euros en 2010 et aux actions prévues dans le cadre du projet ADEN (5.000 euros), un appui a été prévu à ce secteur avec, notamment, quatre missions de formation en partenariat avec l’institut Panos et la radio Ndéké Luka et plusieurs invitation de professionnels des médias.

A cette coopération culturelle, il s‘agit d’ajouter les actions du lycée français Charles-de-Gaulle, qui participent à l’intensification des actions de la coopération française, notamment par des formations de professeurs centrafricains ou des participations aux activités culturelles.

L’action culturelle de la France s’articule autour d’actions diversifiées de coopération, donnant ainsi l’occasion à nos partenaires centrafricains de gagner en autonomie.

L’Université de Bangui

a) La structure de l’Université de Bangui

Les établissements publics sont contrôlés et réglementés par le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MENAERS). Il existe deux types d’établissements dont :

1. les établissements de formation :

- cinq Facultés (Sciences, Sciences de la Santé, Lettres et Sciences Humaines ; Droit et Sciences Economiques)

- trois instituts (Institut Supérieur de Développement Rural, Institut Supérieur de Technologie, Institut Universitaire de Gestion des Entreprises) ;

- une Ecole Normale supérieure ;

2. les établissements de recherche

- les Instituts, centres et laboratoires de recherche

- le LHL (Laboratoire d’Hydrosciences Lavoisier),

- le LaSBAD (Laboratoire des Sciences Biologiques et Agronomiques appliquées au Développement),

- le Laboratoire d’énergétique Carnot,

- le CERA (Centre d’Etudes et de Recherches Anthropologiques),

- le LaCCEG (Laboratoire de Cartographie, de Climatologie et de Géographie),

- le CERPHAMETA (Centre de Recherche en Pharmacopée et Médecine Traditionnelle Africaine),

- le CURDHACA (Centre Universitaire de Recherche Documentaire en Histoire et Archéologie Centrafricaines).

- l’Institut Linguistique appliquée (ILA)

- le Centre de recherche de documentation des études francophones (CREDEF)

- le centre de pédagogie universitaire (CPU)

- le centre de Ressources multimédia (CRM)

On trouve, de plus, au sein de différents ministères, des équipes de recherche appliquée (par exemple pour le ministère des Mines et de l’Energie, le laboratoire de minéralogie ou l’ICRA pour l’agronomie).

b) Le Fonds de Solidarité Prioritaire SUPCA

Le Projet d’Appui à l’enseignement supérieur en Centrafrique (FSP n°2002-92, SUPCA) a eu une durée d’exécution de cinq ans 2003-2008 (initialement 3 ans – plusieurs prolongations) pour une autorisation d’engagement : 600 000 € utilisant en Ressources Humaines : 4 AT + 1 VI

L’objectif principal fut d’améliorer la qualité des formations dispensées par l’Université de Bangui (dans un contexte de ressources financières et humaines insuffisantes).

c) Les accords inter-universitaires

Les accords inter-universitaires sont des subventions accordées par le Service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France au bénéfice d’une université française pour la réalisation d’un programme de recherche et/ou de formation en collaboration avec l’Université de Bangui. Ce programme comporte des missions Nord-Sud et Sud-Nord, des frais de participation aux colloques, d’autres dépenses de fonctionnement ou des achats de matériel. Seuls cinq accords à ce jour font l’objet d’un appui de cette ambassade :

- Université de Provence (Aix-Marseille I) dans le domaine de l’anthropologie, avec les professeurs Martinelli et Bouju ; montant de la subvention pour l’année 2010 : 14.000€,

- Université de Limoges et consortium, dans le domaine de la neurologie tropicale, porté par les professeurs Dumas et Preux, montant total de l’année 2010 : 21.000€, et dans le domaine de la santé pour le consortium.

- l’Université des Sciences et Technologies de Lille, dans le domaine de la chimie de l’eau, de la biochimie et des TIC, porté par le Pr Michel Wartel, montant total de l’année 2010 : 20.000€.

- l’Université de Bordeaux, laboratoire de parasitologie, porté par le Pr Philippe Vincendeau, montant total de l’année 2010 : 2.000€.

L’accord universitaire avec l’Université de Dijon a été actif en 2003 et 2004 dans le domaine de la climatologie. Des accords avec les Université de Marne-la-Vallée, dans le domaine de l’Informatique et d’Orléans, dans le domaine des Géosciences sont en préparation.

d) Missions (hors AIU)

Les masters créés avec l’appui du projet SUPCA n’ont pas encore acquis une autonomie complète à cause d’une évolution progressive des ressources humaines à l’Université de Bangui. Des missions d’enseignants-chercheurs extérieurs sont donc nécessaires pour ces masters. En particulier, la participation des personnalités scientifiques de renom au sein des jurys de ces masters permet d’assurer leur crédibilité. De telles missions ne se limitent pas aux activités pédagogiques mais la plupart du temps sont également dédiées aux activités de recherche et d’enseignement.

e) Les bourses (hors AIU)

Le Service de coopération et d’action culturelle apporte un appui à des thèses de doctorat en co-tutelle préparées par des assistants de l’Université de Bangui. Cet appui se traduit en moyenne par un financement d’une dizaine de séjours de recherche, chacun d’une durée allant de 2 à 6 mois (4 mois en moyenne).

Une part importante du budget des bourses est dédiée aux bourses d’excellence octroyées principalement aux meilleurs bacheliers centrafricains du lycée français. Celles-ci permettent à ces élèves la poursuite de leurs études en France. En 2009, les premiers étudiants ont accompli leurs cinq ans d’étude. Une évaluation du dispositif est en cours.

f) Invitations

Les invitations permettent au Service de coopération et d’action culturelle de financer la participation des enseignants chercheurs centrafricains à des colloques en rapport avec l’organisation de la recherche et de l’enseignement. Pour 2010, trois invitations ont été programmées pour des universitaires, deux ont été utilisées.

g) Le dispositif d’assistance technique

Le dispositif d’assistance technique mis en place par la coopération française en République centrafricaine dans le secteur universitaire est le suivant : un attaché de coopération éducative et un volontaire international, conseiller du directeur du Centre des ressources média. En outre, un assistant technique, conseiller du Recteur, est en cours de recrutement.

h) Orientations à donner à la coopération universitaire franco-centrafricaine

Le renforcement des capacités est, pour l’Université de Bangui, un objectif que la coopération française doit continuer à soutenir en appuyant des missions des universitaires ou chercheurs français et la formation par la recherche des assistants ou maîtres-assistants.

Les domaines de l’informatique, des télécommunications ou des statistiques sont des exemples où le déficit en enseignants restreint ou rend impossible la formation locale des spécialistes pourtant très recherchés sur le marché de l’emploi, alors qu’une formation à l’extérieur du pays conduit inexorablement à la fuite des cerveaux. Dans d’autres disciplines essentielles pour le développement, les compétences doivent être renforcées par le biais d’appuis en réseaux permettant de mobiliser, pour un secteur donné, plusieurs personnalités scientifiques françaises ou européennes quels que soient leur université ou institut d’origine, ceci à l’instar de l’actuel « Consortium des universitaires français » piloté au sein de la Faculté de Médecine de l’Université de Limoges. Cette dernière approche très différente des « accords inter-universitaires » ou « partenariats universitaires » limités par leur aspect bilatéral permet une souplesse indispensable à la coopération universitaire.

Par ailleurs, il est important de poursuivre l’appui institutionnel de l’enseignement supérieur afin de remplacer « l’enseignement supérieur des masses » par « l’enseignement supérieur des élites » et de développer la coopération autour de la création des filières professionnelles en partenariat avec les acteurs socio-économiques centrafricains, ceci de façon harmonieuse avec une carte des formations de la CEMAC en cours d’élaboration.

Le développement de la Francophonie

Le Service de coopération et d’action culturelle met en place des actions innovantes de développement de la Francophonie en s’appuyant sur des associations centrafricaines, toutes liées au monde de l’éducation, et présentant des garanties de dynamisme et de sérieux. Vu leur statut et leur fonctionnement, ces trois associations sont impliquées dans le projet de développement de la francophonie notamment pour la mise en place des espaces culturels francophones en province que réalise l’ambassade de France en Centrafrique. Chaque association a sous sa responsabilité différents domaines d’actions liées au développement de la francophonie.

a) L’Association des professeurs de Français de Centrafrique prend en charge la promotion de la langue française et de la Francophonie par tous les moyens de renforcement des capacités linguistiques des professionnels de la langue française et du public de province. En s’appuyant sur les responsables locaux du ministère de l’Education nationale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et des centres Aden, l’APFCA développe les compétences linguistiques par la mise en place de stages de formation à l’intention des enseignants concernés.

L’objectif de cette action est de développer les capacités linguistiques du public de province par le moyen de formations. L’association prend à sa charge toute la logistique de formation de langue française des espaces culturels francophones en province.

Un financement annuel de 1.500.000 francs cfa est octroyé pour la conduite de leurs propres activités. De même, l’association est responsable d’un budget de 21.000 euros pour les formations linguistiques dans le cadre du développement de la francophonie en province.

b) L’Association des directeurs des écoles fondamentales 1 rassemble tous les directeurs d’écoles primaires, chefs d’établissement scolaire dont l’âge des élèves est compris entre 4 ans et 12 ans. Elle assure la gestion et l’organisation logistique pour équiper en matériel bureautique et informatique les espaces culturels francophones en province. En s’appuyant sur les autorités diocésaines locales où sont placés les espaces culturels francophones, l’ADEFCA prendra en charge l’achat de tout équipement bureautique et informatique nécessaire ainsi que toute réhabilitation de locaux pour mettre en place les activités de développement de la francophonie.

L’ambassade de France apporte, en outre, un soutien financier annuel de 1.000.000 francs CFA pour que l’ADEFCA puisse conduire ses propres activités. De même, l’association est responsable d’un budget de 22.000 euros pour la gestion et l’organisation logistique, ainsi que l’équipement en matériel bureautique et informatique des espaces culturels francophones en province.

c) L’Association des membres de l’Ordre des palmes académiques rassemble toutes les personnes titulaires de cette décoration. La majorité d’entre elles sont issues du monde de l’enseignement et sont donc très sensibles à la promotion de la langue française et au développement de la Francophonie. Elle prend en charge la logistique des bibliothèques et médiathèques des espaces culturels francophones en province.

En s’appuyant sur les autorités diocésaines locales où sont placés les espaces culturels francophones, l’AMOPA prend également en charge tous les achats de livres et d’ouvrages scolaires ainsi que tout équipement bureautique et informatique nécessaire pour mettre en place les bibliothèques afin de faciliter l’accès au livre dans le cadre du développement de la francophonie

L’ambassade de France apporte, en outre, un soutien financier annuel de 500.000 francs CFA pour que l’AMOPA puisse conduire ses propres activités. Elle a également appuyé le projet de stage en France d’un professeur de menuiserie, à hauteur de 1.500.000 francs CFA ; celui-ci a été accueilli par la section des Vosges de l’AMOPA.

En 2010, l’association est responsable d’un budget de 9.000 euros pour la gestion et l’organisation logistique pour équiper en matériel bureautique et informatique les espaces culturels francophones en province.

De même, l’AMOPA est l’association responsable du projet de la « Maison des associations de la francophonie ». Elle a en charge un budget de 21.000 euros pour l’équiper en matériel informatique et bureautique. Cette maison a été inaugurée en mars 2011.

d) la Maison des associations de la Francophonie en Centrafrique

La Maison des associations de la Francophonie a pour vocation de promouvoir la Francophonie à Bangui et dans toute la République centrafricaine, tout en servant de siège social à trois associations liées au monde de l’éducation. Le projet a consisté à réhabiliter et à équiper une maison indépendante située dans l’enceinte de l’INRP (Institut national de recherche pédagogique), gracieusement mise à disposition par le ministère de l’Education nationale de l’Enseignement supérieur et de la recherche.

Son objectif est de développer à terme un véritable réseau d’idées et d’influences autour de la Francophonie. Elle bénéficie du soutien de l’ambassade de France, de l’Organisation Internationale de la Francophonie, du ministère de l’Education nationale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche centrafricain, ainsi que des associations bénéficiaires, AMOPA association des membres de l’ordre des palmes académiques, ADEFCA Association des directeurs d’école fondamentale 1 de Centrafrique et APEFCA Association des professeurs de français en République centrafricaine.

L’AMOPA, association des membres de l’ordre des palmes académiques, est désignée comme l’association responsable de la gestion et du fonctionnement de la « Maison des associations de la Francophonie ». Son président en est le représentant. Il est assisté par deux vice-présidents qui sont les présidents des associations APEFCA, association des professeurs de français de République centrafricaine, et ADEFCA, association des directeurs d’école fondamentale 1 de République centrafricaine.

La « Maison des associations de la Francophonie » sera un lieu de rencontres pour tous les acteurs de la francophonie en République centrafricaine, membres d’associations liées au développement de la francophonie et public, lieu qui sera clairement identifié par tous comme un foyer de promotion de la francophonie et de la langue française.

e) La première Caravane de la Francophonie en Centrafrique

A l’occasion du quarantième anniversaire de l’Organisation internationale de la Francophonie, le gouvernement centrafricain, associé à l’ambassade de France, a organisé la 1ère Caravane de la francophonie en Centrafrique, qui s’est déplacée en province, du dimanche 7 mars au samedi 20 mars 2010. Le chanteur "de rue" français Gilles Butin, joueur d’orgue de Barbarie, s’est produit dans les huit villes-étapes du parcours et de nombreuses activités culturelles ont été organisées par les autorités locales.

Les organisateurs avaient trois objectifs essentiels : mieux faire connaître la République centrafricaine à l’extérieur, notamment dans l’espace de la Francophonie ; conduire des activités culturelles et linguistiques en province pour mettre en valeur les villes les plus représentatives ; et développer la promotion de la langue française et de la Francophonie.

Des festivités ont été organisées par les autorités locales dans chaque ville-étape autour du spectacle du chanteur Gilles Butin, joueur d’orgue de Barbarie, qui était l’activité principale. De nombreuses manifestations se sont tenues à chaque fois, sous l’autorité des préfets. Chaque association culturelle de la région était associée au programme. Il s’agissait également pour cette Caravane de la Francophonie de faire connaître l’histoire, les activités et les spécificités des lieux traversés et de mettre en valeur les ressources humaines locales. C’est ainsi que des troupes régionales de théâtre ou de danse ont pu présenter leur répertoire.

Après le lancement officiel des activités à Rafaï, le mardi 9 mars 2010, la caravane s’est déplacée à Bangassou, le mercredi 10 mars, puis à Alindao et Bokolobo, le jeudi 11 mars, à Bambari le vendredi 12 et le samedi 13 mars. La caravane a poursuivi son périple vers la capitale Bangui, en s’arrêtant de nouveau à Grimari, le lundi 15 mars, à Sibut, le mardi 16 mars et à Damara, le mercredi 17 mars 2010.

La première Caravane de la Francophonie s’est achevée à Bangui avec deux spectacles, l’un le vendredi 19 mars à l’Alliance française, l’autre le samedi 20 mars 2010, Journée internationale de la Francophonie, au stade dit "des 20.000 places", en présence du Premier ministre et de nombreux membres du Gouvernement.

Les médias

1 – Le paysage audiovisuel local

Le paysage médiatique centrafricain souffre d’un manque de structuration et de l’absence d’une stratégie d’ensemble. De plus, les ressources humaines sont à développer. Cette situation a été aggravée par l’instabilité chronique du pays, qui a entraîné un affaiblissement des structures de l’Etat et la dissolution partielle du tissu économique.

Jusqu’à 2009, il n’existait pas de structure de formation pour les professionnels des médias. En octobre 2009, l’Unesco et l’université de Bangui, en partenariat avec l’Ifasic de Yaoundé, ont ouvert un département de journalisme. Il est encore trop tôt pour faire un premier bilan de cette initiative.

La radio nationale et la télévision nationale (Radio Centrafrique et TVCA) ont de nombreux besoins. Dépendant du ministère de la Communication, elles ne disposent d’aucune autonomie et leur budget, ne permettent pas d’enrayer la lente mais inéluctable dégradation des équipements. TVCA couvre uniquement Bangui, où elle ne compte qu’environ 10 000 téléspectateurs, pour une population estimée officiellement à 630.000 habitants. Les émissions, diffusées de 12 à 22 heures, sont principalement en français, avec un journal et quelques magazines en langue nationale, le sango. La reprise de programmes de CFI est importante (70 à 80% des émissions). TVCA, qui utilise un seul centre de production et de diffusion (par ailleurs en mauvais état), connaît parfois des interruptions. Un nouvel émetteur acheté par le gouvernement a été installé en juin 2006. CFI vient de mettre à disposition un nouveau décodeur, en mars 2010.

A noter la présence unique de Canal Horizons, qui est accessible par bouquet satellite auprès d’un distributeur à Bangui. Canal Horizons a développé, depuis 2009, des offres commerciales de plus en plus abordables pour la population moyenne, mais la grande majorité n’a pas les moyens d’acheter un téléviseur et n’a, de plus, que rarement accès à l’électricité en ville. Un partenariat s’est mis en place dans les centres Aden, en province, pour permettre l’accès des professionnels des médias aux chaînes d’informations télévisées.

Radio Centrafrique émet en FM sur Bangui et couvre le territoire national en OM et en OC. Les programmes, dont 70% sont en sango et 30% en français, sont diffusés quotidiennement de 7 à 22 heures. Elle dispose de trois studios, également en très mauvais état, mais qui permettent, malgré tout, d’assurer une diffusion normale.

Il existe en outre des chaînes de radio privées : Radio Ndéké Luka (hébergée par le PNUD à Bangui, cette radio, à l’initiative de la fondation « Hirondelle », diffuse à la fois en sango et en français) et des radios confessionnelles : Notre Dame, Néhémie et la Voix de la Grâce, qui émettent en FM sur Bangui.

RFI et Africa n°1 sont diffusées en FM dans un rayon de 100 km autour de la capitale (depuis 1996 pour RFI). Leur émetteur est situé dans les emprises de Radio Centrafrique, qui en assure la maintenance et l’alimentation électrique, en contrepartie d’une rémunération fixe. La BBC a obtenu l’autorisation d’émettre en FM depuis avril 2009.

2 – Stratégie de l’ambassade de France

La stratégie audiovisuelle de l’ambassade s’articule autour d’actions de formation et de structuration du secteur des médias et des technologies de l’information (professionnalisation des journalistes, soutien à l’instance de régulation, aux réseaux de radios communautaires…), et de soutien aux opérateurs français de l’audiovisuel extérieur (Canal Horizons, RFI…).

Toutes ces actions ont été mises en œuvre, depuis 2005, avec l’appui d’un assistant technique, conseiller auprès du ministre de la Communication. Le poste a été supprimé en septembre 2008 et la responsabilité de ces actions échoit désormais à l’attaché de coopération éducative. Aussi, ce dernier s’est attaché à poursuivre ces actions et à renforcer les partenariats existants, ainsi qu’à en développer de nouveaux, afin de déléguer à des professionnels, notamment à des opérateurs français, la gestion d’une partie de la coopération avec les médias. Ceci permet de créer des synergies constructives. L’attaché de coopération à Bangui travaille en étroite collaboration avec l’attachée audiovisuelle régionale, qui est basée à Kinshasa.

L’ensemble de ces actions est développé en coordination avec les autres bailleurs de fonds, les opérateurs français, les ONG et les autorités centrafricaines (ministère de la Communication et Haut conseil de la communication). La coopération dans ce secteur s’appuie surtout sur le développement des partenariats avec les opérateurs français. L’expertise française est largement mise en valeur, notamment dans le secteur de la radio, média le plus développé en République centrafricaine.

3 - Soutien au secteur radiophonique

Le Service de coopération et d’action culturelle a identifié trois partenaires sur lesquels il s’appuie pour mettre en place sa politique de soutien aux médias.

Il soutient les efforts de pérennisation de radio Ndéké Luka, mise en œuvre par la Fondation Hirondelle, qui joue un rôle important pour la consolidation de la paix, la stabilisation du pays, la promotion de l’Etat de droit et le renforcement de la démocratie. Depuis 4 ans, l’ambassade apporte donc un soutien à cette radio, notamment pour mettre en œuvre des actions de formation. En 2009, l’appui de l’ambassade s’est élevé à plus de 18.765 euros et a permis de renforcer le site Internet de la radio Ndéké Luka. Le poste a également financé, à hauteur de 7.300 euros, en partenariat avec la Fondation Hirondelle, la tenue d’un stage de formation pour l’élaboration d’une "charte électorale". En 2010, deux actions ont été financées : l’une, à concurrence de 5.000 euros dans le cadre du FSP Aredca, pour mettre en place un atelier de formation des agents de radio Ndéké Luka (journalistes à Bangui et correspondants dans les provinces), en vue de mieux les préparer à une couverture professionnelle de la campagne électorale et du scrutin de janvier 2011 ; l’autre, à hauteur de 2.173 euros, pour réaliser l’étude d’audience lui permettant de mieux adapter son offre en matière de programmes.

De nombreuses actions de formations destinées aux journalistes de radios sont mises en œuvre par le Service de coopération et d’action culturelle, avec l’appui significatif du service de formation de RFI "Talent plus". Un financement a été alloué au président de l’association des radios communautaires, par ailleurs correspondant de RFI "Talent plus", pour lui permettre de participer à un stage, au Cameroun, sur le « coaching » pour le diagnostic des radios.

RFI "Talent plus" a obtenu, avec l’appui de l’ambassade, un soutien de 200.000 USD de la Banque mondiale, en 2008, pour renforcer les antennes rurales de la radio nationale et acheter un nouvel émetteur. Les correspondants locaux sont ainsi mieux équipés et pourront transmettre leurs reportages, soit par voie numérique, soit par valise satellite. RFI "Talent plus" a également obtenu deux financements de l’Union européenne, en 2006 et 2008.

Depuis 2006, RFI a mis en œuvre un projet de remise à niveau et de mise en réseau de radios en République centrafricaine, financé à hauteur de 80.000 euros par l’Union européenne. Ce projet, baptisé « les réseaux de la démocratie », qui a démarré en mai 2006, s’adresse à neuf radios de la capitale et de province. Il s’est déroulé en quatre phases : remise à niveau technique des stations, équipement et formation à l’utilisation des outils audio-numériques, formation à la production d’émissions d’éducation civique et de sensibilisation aux droits de l’Homme et à l’outil Internet et, enfin, mise en réseau des radios. Ce projet s’est, en partie, appuyé sur les centres Aden d’accès public à l’Internet, mis en place dans le cadre du projet FSP Aden.

En 2008, RFI a obtenu près de 400.000 euros pour des actions de formation et d’appui aux radios communautaires et pour le renforcement du studio-école, créé en 2007 avec l’appui des médias catholiques. En 2010, l’ambassade de France s’est jointe à RFI pour répondre à un appel d’offres de l’Union européenne, afin de mettre en place, en 2011, des radios communautaires en province.

Le troisième partenaire est l’Institut Panos, arrivé en République centrafricaine en 2009. Ses objectifs sont les mêmes que ceux de l’ambassade et il a paru plus efficace de s’appuyer sur son expertise pour mieux intégrer l’action de la coopération française au bénéfice des médias. Cela donne également plus de cohérence aux actions menées par le Service de coopération et d’action culturelle, et plus d’efficacité également, au travers de son intégration dans une stratégie d’ensemble plus vaste. C’est ainsi que trois stages de formation pour le renforcement des capacités dans la gestion d’un projet, mis en place par l’institut Panos, se sont tenus, avec l’aide de l’ambassade qui a pu mettre en place, à chaque fois, un financement Egide. Notons également que l’Institut Panos avait obtenu, en 2008, un appui de 500.000 euros de l’Union européenne en faveur de la professionnalisation des médias. En outre, l’Institut Panos travaille en étroite collaboration avec les projets développés par RFI.

4 – Soutien en faveur du secteur des médias

L’appui de l’ambassade de France aux médias est partiellement imputé sur la composante « médias » du projet FSP d’Appui au renforcement de l’Etat de droit (AREDCA). En effet, cette action constitue un soutien au développement technique et juridique des médias (formation, élaboration d’un cadre réglementaire et législatif), leur permettant de participer au renforcement du processus de démocratisation et à la diffusion d’une culture des droits de l’Homme dans un contexte de construction démocratique.

5 – Soutien aux TIC

FSP ADEN : Dans le secteur des nouvelles technologies de l’information, la politique du Service de coopération et d’action culturelle s’exprime principalement par la mise en œuvre du projet d’appui au désenclavement numérique, qui a permis la création de six centres d’accès à l’Internet dans des régions enclavées, ainsi que l’organisation de formations sur les TIC. La République centrafricaine fait partie des 12 pays d’Afrique subsaharienne concernés par le projet FSP mobilisateur ADEN, d’appui au désenclavement numérique (2003-2007, 6 M€). La mise en œuvre de ce projet en République centrafricaine s’est traduite, depuis 2005, par l’ouverture de centres d’accès publics à Internet dans six villes de province : Bambari, Berbérati, Mbaïki, Bangassou, Bossangoa et Bouar. Le montant des investissements réalisés en République centrafricaine dans le cadre de ce projet est de l’ordre de 400.000 €, ce qui fait de ce pays l’un des plus importants bénéficiaires de cette opération. La prolongation du FSP mobilisateur Aden jusqu’en juin 2010 a permis au Service de coopération et d’action culturelle d’utiliser les derniers financements disponibles. C’est ainsi que 5.000 euros supplémentaires ont pu être débloqués en 2010, afin de compléter les équipements.

Le bilan du projet est satisfaisant, avec quatre centres qui fonctionnent bien (Bangassou, Bambari, Bouar et Berbérati), un centre en difficulté qui devrait pouvoir se relancer (Bossangoa) et un centre en très grande difficulté, menacé d’ailleurs de fermeture suite à un procès (Mbaïki).

Il est important de noter que ces centres Aden doivent constituer des points d’ancrage en province pour d’autres projets de coopération destinés à la diffusion du français et à la promotion de la Francophonie en République centrafricaine, mais également à ceux qui seront développés par l’Union européenne dans le cadre des pôles de développement.

6-Sauvegarde des archives audiovisuelles nationales

Depuis 2007, le Service de coopération et d’action culturelle, en collaboration avec l’Unesco, a appuyé le projet de sauvegarde des archives audiovisuelles de la radio et de la télévision nationale, du musée national Barthélémy Boganda, de l’université et du ministère de la Justice. Une chaîne de numérisation a été créée et les responsables des entités concernées ont été formés. Depuis 2 ans, de nombreuses œuvres du patrimoine centrafricain ont ainsi été sauvées.

7- Appui à la diffusion cinématographique

L’Alliance française de Bangui s’attache à promouvoir, autant que possible, les productions centrafricaines et les films et documentaires français. Des actions d’appui à la diffusion et à la production cinématographique sont envisagées dans le cadre d’un festival régional itinérant, notamment le Festival tableau noir - écran blanc, destiné aux élèves de quartiers populaires, tel qu’il a été développé en 2008 et 2009 en République démocratique du Congo.

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