1) LA SITUATION SANITAIRE
La situation sanitaire des populations est préoccupante. Elle s’est détériorée ces dernières années et tous les indicateurs sont en régression, comme en témoigne l’Indice de Développement Humain (IDH, Rapport sur le développement humain, PNUD, 2010) qui classe la République centrafricaine au 159ème rang sur 163 pays considérés. L’analyse des principaux indicateurs fait apparaître que :
L’espérance de vie à la naissance a reculé à moins de 40 ans en 2008 (49 ans en 1988)
La mortalité infantile (0-1an) est de 132/1000 (97 en 1995)
La mortalité infanto juvénile (0-5ans) est de 220/1000 (157 en 1995)
La mortalité maternelle est la plus importante au monde : 1.355 décès de femmes pour 100.000 naissances vivantes (683 en 1988)
La prévalence du VIH / SIDA est de 6,2 % en 2007
2) LE SYSTEME PUBLIC DE SANTE, L’OFFRE DE SOINS
L’administration de la santé comporte :
un niveau central : le ministère de la Santé publique, de la Population et de la Lutte contre le Sida
un échelon intermédiaire : 7 régions sanitaires, dont Bangui
un échelon périphérique : 16 préfectures sanitaires
On compte 669 établissements publics de santé : 4 hôpitaux centraux à Bangui, 5 centres hospitaliers universitaires régionaux, 11 hôpitaux préfectoraux, 235 centres de santé et 330 postes de santé.
Les personnels : 3.394 agents : 137 médecins dans les formations sanitaires dont 10 spécialistes, 203 sages femmes, 61 techniciens supérieurs de santé, 238 infirmiers diplômés d’état, 42 techniciens supérieurs de laboratoire. De nombreuses spécialités médicales ou chirurgicales ne sont pas représentées. Deux promotions de médecins et de très nombreuses promotions d’infirmiers (13) et d’autres paramédicaux ne sont pas intégrées au secteur de santé dans la fonction publique.
Les locaux sont vétustes, les plateaux techniques et les équipements sont très insuffisants : quasiment plus de radiographie opérationnelle à Bangui, un échographe pour tout Bangui en obstétrique dans le secteur public. Il convient de préciser que des dégradations et des pillages des structures sanitaires ont eu lieu pendant les conflits armés. La propreté et l’hygiène sont insuffisantes. L’accès aux médicaments est satisfaisant à Bangui, mais insuffisant en province.
L’ensemble aboutit à une qualité des soins médiocre.
L’accessibilité financière aux soins est une question première : la pauvreté générale limite gravement la consommation de soins et représente un facteur déterminant de la mauvaise santé de la population.
En dehors de l’offre publique de soins, il existe un secteur privé confessionnel, en particulier celui des églises (115 établissements de santé dans le pays). La performance et la qualité des soins y sont nettement supérieures à ce que l’on trouve dans le secteur public.
Le secteur privé lucratif est très peu représenté, du fait de l’absence de marché.
Dans tout le nord du pays, en situation de crise, les ONG internationales (notamment, Aide Médicale internationale, CARITAS et MSF) appuient le système de santé public. En réalité, elles s’y substituent et aboutissent à une qualité des soins décente, vu le contexte. Il est patent que, sans leur intervention, les populations seraient quasiment dénuées de soins.
3) LES PRINCIPAUX FINANCEMENTS EXTERIEURS DE LA SANTE
Le Fonds Mondial SIDA Tuberculose Paludisme :
2004 - 2010 : 61 millions de $
2009 – 2014 : 44 millions de $
Le système des Nations unies : 2008 – 2011 : 40 millions de $
L’Union Européenne : 2008 – 2012 : 9,5 millions d’euros
L’ Agence Française de développement : 2007 – 2011 : 6 millions d’euros
La BADEA : 2007 – 2009 : 3,3 millions de $
La Banque Mondiale : 2007 – 2010 : 7 millions de $
Le GAVI : 2008 - 2011 : 3,1 millions de $
ESTHER : 2006 – 2009 : 850.000 euros
UNITAID ESTHER : 2009 – 2010 : 2 millions d’euros
La Croix-Rouge Française : 2006 – 2009 : 2,5 millions d’euros
La Chine (réhabilitation de l’hôpital de l’amitié) : 2008 - …. : 6 millions d’euros (estimation)
Les financements des ONG internationales ne sont pas communiqués de manière claire. Les subventions du Fonds mondial représentent des sommes considérables et la plus grande partie du financement de la santé en République centrafricaine.
A titre indicatif, les crédits de l’Etat prévus à la loi de finances 2008 s’élevaient à 12 milliards de francs CFA : 3 en dépenses de personnel, 4,1 en fonctionnement, et 4,9 en investissement.
4) LES GRANDES PATHOLOGIES
1- Les maladies infectieuses et transmissibles représentent, et de loin, l’essentiel de la morbidité et de la mortalité :
Le SIDA, la tuberculose, le paludisme ainsi regroupés à cause de leur financement particulier.
Les maladies de l’enfant : paludisme, diarrhées, infections respiratoires aigues, malnutrition, maladies relevant de la vaccination. La mortalité maternelle, liée à la grossesse et à l’accouchement.
Les endémies tropicales dont certaines sont qualifiées de « négligées » : trypanosomiase (maladie du sommeil), maladies cécitantes (onchocercose, trachome), bilharzioses, filarioses, helminthiases, lèpre, ulcère de BURULI, loases. La dracunculose a été récemment éradiquée.
2- Les affections non transmissibles font l’objet d’une attention nouvelle :
Il s’agit notamment des affections suivantes : hypertension artérielle, cancers, maladies mentales, diabète, obésité, drépanocytose, fistules gynécologiques.
