La France en République centrafricaine Ambassade de France à Bangui
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La coopération décentralisée.

1 / Historiquement, la République centrafricaine, à la différence d’autres pays africains (tels que le Burkina-Faso, le Mali, le Sénégal, le Congo, ou encore le Cap-Vert…), n’a jamais été une terre d’élection de la coopération décentralisée, pour des raisons qui tiennent essentiellement au contexte local :
- l’enclavement du pays : l’absence de débouché maritime, le manque de liaisons aériennes avec la France, un réseau routier national en très mauvais état et un climat qui rendent inaccessible une grande partie du territoire durant la saison des pluies (de juillet à septembre) ;

- une insécurité qui affecte de nombreuses régions et qui s’ajoute aux épisodes répétés de troubles politico-militaires de ces quinze dernières années, qui ont entraîné l’arrêt de nombreux projets de bailleurs de fonds et des actions qui avaient été initiées dans le cadre de la coopération décentralisée ;

- un processus de décentralisation qui reste à l’état de projet (les maires étant toujours nommés par le pouvoir central) et une administration territoriale dépourvue de moyens. En outre, l’Etat est très peu représenté dans l’arrière-pays, et la déconcentration de ses services, préalable indispensable à la décentralisation, est embryonnaire.

- une diaspora faiblement représentée, peu organisée, ne disposant que de très peu de liens avec les collectivités territoriales françaises.

L’ensemble de ces paramètres, associés à une certaine méconnaissance du pays sur la scène internationale, réduisent considérablement l’attractivité de la République centrafricaine vis-à-vis de collectivités territoriales susceptibles de s’impliquer dans des projets de coopération décentralisée.

2 / Dans un tel contexte, on a recensé, durant ces cinquante dernières années, un très faible nombre d’actions relevant de la coopération décentralisée. On notera cependant un « protocole d’amitié » signé en 1961 entre les villes de Tourcoing et Bangui. Cet accord, qui, à la connaissance de l’ambassade, n’a donné lieu à aucun échange structuré entre ces collectivités locales, a été récemment réactivé, d’un commun accord, sous l’impulsion du Service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France en République centrafricaine.

En outre, trois protocoles de coopération, concernant des collectivités territoriales françaises, sont actuellement opérationnels. Ces partenariats sont confortés par la présence d’associations de franco-centrafricains dans les trois villes considérées.

Ces partenariats sont les suivants :

- La ville de Chécy (Loiret), dans la banlieue d’Orléans , est liée à la mairie de Bangui par un protocole du 24 février 2009. Cet accord est issu des liens entre l’association GRAP, constituée de Centrafricains de France, et les deux collectivités territoriales. Un projet de coopération décentralisée a été financé par le ministère des Affaires étrangères et européennes, suite à un appel à projets. Ce financement de 1.500 euros concerne l’eau et l’assainissement, ainsi que la sensibilisation des enfants de Bangui et de Chécy, avec, notamment à Bangui, la contribution de l’école Sainte-Thérèse. Une convention de formation a été également signée entre les deux villes, dont l’objet est le renforcement des capacités d’une dizaine de techniciens de la mairie de Bangui (police municipale, fiscalité locale, accès à l’internet, action s sociales) auprès de leurs homologues français.

- La ville de Montreuil-Juigné (Maine-et-Loire), dans la banlieue d’Angers, est liée à la ville de Bria par un protocole de coopération signé le 20 avril 2009. L’association « Les amis de Bria » est à la base de cet accord qui concerne à la fois le développement social, sanitaire et éducatif, la coopération économique et les échanges culturels.

- La ville de Villeurbanne est liée par un protocole avec le ministère centrafricain de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. Cet accord, signé le 29 juillet 2009, concerne l’état civil, le service des ressources humaines et le service des finances. La ville de Villeurbanne pourrait être le correspondant du ministère centrafricain dans ses projets de renforcement de capacités.

- La ville de Bègles, dont une importante délégation a récemment séjourné en République centrafricaine, s’est engagée dans un processus de coopération décentralisée avec la ville de Bimbo, portant, dans un premier temps, sur la réhabilitation du dispensaire de santé.

3 / Malgré un contexte parfois difficile, il existe en République centrafricaine un potentiel de développement des actions de la coopération décentralisée et une réelle volonté des acteurs institutionnels des deux pays d’aller de l’avant. Pour répondre à cet élan, l’ambassade de France, en collaboration avec le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, ainsi qu’avec la Mairie de Bangui, ont organisé, du 23 au 25 septembre 2010, à Bangui les premiers ateliers de la coopération décentralisée centrafricaine.

Une centaine de participants, parmi lesquels des préfets, maires, représentants de la société civile, collectivités territoriales françaises et le secrétaire permanent de l’AIMF, répartis par groupes de réflexion thématiques et stratégiques, ont mené une réflexion conjointe qui a abouti à l’élaboration de cadres techniques, dans lesquels s’inscriront désormais les initiatives de coopération décentralisée.

Une stratégie de développement des actions de coopération décentralisée en République centrafricaine a été conjointement définie. Cette stratégie consiste en la mise en œuvre concrète d’un réseau franco-centrafricain de coopération décentralisée. Ce réseau permettra de donner une nouvelle dimension à l’action des collectivités territoriales françaises et de renforcer le processus de décentralisation en République centrafricaine.

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