Bref aperçu historique

La République centrafricaine est un ancien territoire de l’Afrique Equatoriale française (A.E.F), un temps administré sous le nom d’Oubangui-Chari. Ce territoire a été anciennement peuplé par des Pygmées et par des Bantous puis, massivement au XIXème siècle, par d’autres Bantous (Gbayas et Bandas, notamment) venus du Soudan, du Tchad et du Congo pour fuir la traite esclavagiste.

En 1877, la descente du Congo par Stanley ouvre la voie à l’exploration européenne. De 1889 à 1910, la France, soucieuse de s’ouvrir les routes du Tchad et du Nil, crée d’abord le "poste" de Bangui, renforce ensuite son implantation avec la mission Marchand (1896 - 1898), puis constitue l’Oubangui-Chari en colonie (1905), avant de l’intégrer à l’A.E.F. En 1946, l’Oubangui-Chari devient territoire d’outre-mer et, en 1950, son premier député, M. Barthélémy Boganda (1910-1959), fonde le Mouvement pour l’évolution sociale de l’Afrique noire (MESAN), qui conduira le pays vers la proclamation de la République centrafricaine, au sein de la Communauté, puis vers l’indépendance, le 13 août 1960.

Le premier président de la République centrafricaine indépendante, M. David Dacko (1930-2003), est renversé, le 31 décembre 1965, par M. Jean-Bedel Bokassa (1921-1996), alors chef d’état-major de la jeune armée centrafricaine. Bénéficiant, dans un premier temps, du soutien de la France, le président Bokassa défendit le principe du "retour à la terre" et mit en place une réforme agraire ambitieuse, en 1970, avant de s’auto-proclamer président à vie, en 1972, et de se promouvoir maréchal, en 1974. En 1977, il se couronna "Empereur de Centrafrique", lors d’une cérémonie au faste emprunté à la geste napoléonienne, à laquelle aucun chef d’Etat étranger n’assista. Le 20 septembre 1979, il fut renversé par une opération militaire française ("Opération Barracuda") et son prédécesseur, M. David Dacko fut réinstallé dans ses fonctions de président de la République centrafricaine, qu’il proclama lui-même, le 21 septembre 1979.

Alors qu’il fut réélu en février 1981, face à M. Ange-Félix Patassé, M. David Dacko, inquiet des troubles qui agitaient le pays et des rumeurs persistantes de coup d’État, démissionne dès le mois de septembre 1981. Aussitôt, le général André Kolingba (1936-2010) le remplace, interdit tous les partis et instaure, pour près de dix ans, un "Comité militaire de redressement national".

Le général Kolingba gouverne la République centrafricaine jusqu’en 1993, d’abord dans le cadre du monopartisme, puis, à partir de 1991, dans un contexte politique de multipartisme. En effet, à la suite d’une série de grèves et de manifestations, le général Kolingba consent, à cette date, au multipartisme qu’il avait interdit dès sa prise du pouvoir. En 1993, arrivé quatrième à l’élection présidentielle, il accepte le verdict des urnes et cède sa place à M. Ange-Félix Patassé (1937-2011), auquel il tentera néanmoins, en vain, de reprendre le pouvoir par la force en mai 2001.

Le président Patassé avait été plusieurs fois au gouvernement sous Bokassa : ministre, quasiment sans discontinuer, de 1966 à 1975, il sera Premier ministre du président puis de l’Empereur Bokassa, du 8 décembre 1976 jusqu’en juillet 1978. Devenu président de la République le 22 octobre 1993, puis à nouveau réélu en 1999, on lui impute la responsabilité des mutineries de 1996 et de 1998, ainsi que la mort de plusieurs personnalités centrafricaines. Le 15 mars 2003, il est renversé par un coup d’État du général François Bozizé.

Après s’être emparé du pouvoir, le général François Bozizé devient chef de l’État et conduit le processus de normalisation politique pour le retour à la légalité institutionnelle. Des élections multipartites sont remportées par le président Bozizé et les partis politiques qui le soutiennent, en mars 2005. Il est réélu au premier tour de l’élection présidentielle du 23 janvier 2011 avec 64,37% des voix, tandis que le parti présidentiel, le KNK, remporte la majorité absolue à l’Assemblée nationale (61 sièges sur 105). L’opposition institutionnelle s’étant retirée du second tour des élections législatives, après avoir dénoncé des "fraudes massives" lors du premier tour des élections présidentielle et législatives, les formations politiques et les candidats dits indépendants qui constituent la majorité présidentielle occupent donc la presque totalité des sièges de députés.

A partir de 2013, la République centrafricaine traverse une crise politique et humanitaire majeure. La prise du pouvoir par la coalition rebelle Séléka, le 24 mars 2013, et l’émergence, en réaction, du mouvement anti-balaka entraînent une grave dégradation des conditions sécuritaires et humanitaires et une désorganisation profonde de l’économie nationale (agriculture vivrière, bois, or, diamant…).

En vue de protéger les populations civiles face au cycle d’affrontements à caractère interconfessionnel, la France déploie à partir du 5 décembre 2013 l’opération Sangaris, en appui à la force africaine MISCA (Mission internationale de soutien à la Centrafrique). Répondant à une demande des autorités centrafricaines de transition, l’intervention française s’effectue dans le cadre du mandat conféré par la résolution 2127 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Le 10 avril 2014, le Conseil de sécurité adopte la résolution 2149 autorisant le déploiement de la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation de la République centrafricaine), qui prend le relais de la MISCA le 15 septembre 2014. L’opération de maintien de la paix, désormais pleinement opérationnelle, est forte de 10400 militaires et de 2000 policiers (pour un plafond de troupes de 12870 hommes).
Également engagée au profit de la Centrafrique, l’Union européenne déploie l’opération militaire EUFOR RCA du 1er avril 2014 au 15 mars 2015, contribuant ainsi à la stabilisation de la capitale, Bangui.
Le relai est pris, le 16 mars 2015, par la mission EUMAM, de conseil et d’assistance à la réforme des forces armées centrafricaines.

Sur le plan politique, la démission du chef d’Etat autoproclamé Michel Djotodia, le 10 janvier 2014, conduit à la nomination de Catherine Samba-Panza à la tête de la transition. Les autorités de transition ont pour mission de conduire un certain nombre de chantiers en vue de la sortie de crise et de la réconciliation, mais leur objectif central est d’organiser des élections libres et transparentes dans les délais fixés par la communauté internationale. Le processus électoral est en cours. L’investiture des nouvelles autorités élues doit intervenir avant la fin mars 2016.

Dernière modification : 30/12/2016

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