Géographie - Démographie

La République centrafricaine, au cœur de l’Afrique

Située au cœur du continent africain, juste au-dessus de l’Equateur, la République centrafricaine est un pays enclavé, bordé par le Cameroun à l’Ouest, le Tchad au Nord, les deux Soudan à l’Est et par les deux Congo au Sud. Elle a une superficie de 622 980 km², correspondant à plus de celles de la France et de la Belgique réunies. Ce pays s’étend du 2° au 11° parallèles Nord et du 13° au 27° méridiens Est, ses frontières résultant du partage colonial de l’Afrique.

Du fait de sa position géographique à cheval sur deux zones climatiques, soudano-sahélienne au Nord et équatoriale au Sud, la République centrafricaine bénéficie de conditions propices à des cultures diversifiées (coton, arachide, palmier à huile, hévéa, café, thé, etc.), à l’élevage et à la pêche. L’instabilité croissante qu’a connue le pays depuis le milieu des années 1990 a toutefois annihilé les efforts pour le développement des filières de rente et d’exportation, si bien que l’économie agricole est à ce jour exsangue, conséquence de la déstructuration des systèmes agraires et des modèles d’intégration agriculture-élevage autrefois pratiqués. La surface exploitée par actif agricole s’est réduite au fil des années pour être aujourd’hui comprise entre 0,5 et 1 ha.

La forêt dense et humide, relativement étendue (3,9 millions d’hectares pour la zone forestière du Sud-Ouest et 1,6 millions pour la forêt de Bangassou), abrite de nombreuses essences exploitables. La végétation varie cependant en fonction de la latitude, la forêt équatoriale du Sud cédant la place à de la savane dense, arborée, voire sèche, dans les zones Centre et Nord du pays. Les zones de l’Est du pays, très enclavées encore, sont le lieu de nombreuses aires protégées ou cynégétiques qui comptent parmi les plus emblématiques de la diversité faunique africaine (destinations de safaris).

Deux ensembles montagneux conditionnent l’hydrographie du pays, lui donnant l’allure générale d’un plateau ondulé. Le point culminant (mont Ngaoui, 1 410 m) se trouve dans la partie Nord-Ouest (à proximité de la frontière avec le Cameroun), au sein du massif granitique de Yadé, qui s’étale de 1 000 à 1 400 m d’altitude. Au Nord-Est, trois chaînes forment les massifs des Bongo et du Dar Challa, le point culminant en étant le mont Toussoro (1 330 m). Les reliefs supérieurs à 1 000 m ne couvrent cependant que 2% du territoire et les hautes plaines (300 à 400 m) seulement 6%. Les plaines sont donc prédominantes.

La rivière Oubangui, affluent du fleuve Congo, est la principale voie fluviale du pays ; elle alimente en eau la capitale et représente, avec la rivière Mbomou, une frontière naturelle avec la République démocratique du Congo.

Population et développement humain

La République centrafricaine compte environ 4,2 millions d’habitants (en 2007), soit une densité de 6,3 habitants au km². Le taux de croissance démographique est assez faible, essentiellement en raison d’un taux de mortalité élevé. Le territoire est découpé en trois zones démographiques : à l’Est, un « désert humain » avec moins d’un habitant au km², au Centre, des densités intermédiaires de 4 à 5 habitants au km² et à l’Ouest, une zone de concentration, qui ne dépasse toutefois pas les 12 habitants au km².

La population présente une grande diversité ethnique. Ainsi on dénombre en Centrafrique plus d’une vingtaine de groupes ethniques (Bandas, Mbakas, Gbayas, Saras, Mandjas, Banziris, Goulas, Roungas, Karas…). Tous utilisent cependant la même langue vernaculaire, le sango, langue nationale de la République centrafricaine, avec le français.

La République centrafricaine se situait, en 2013, au 185ème rang sur 187 pays au classement de l’Indice du développement humain établi par le PNUD. Cette situation est liée à une espérance de vie très faible, à peine supérieure à 40 ans, en déclin depuis plusieurs années (49 ans en 1988), mais également à un taux d’alphabétisation insuffisant (41 % pour les plus de 15 ans en 2005) et à une pauvreté endémique touchant plus de 70% de la population en zone rurale, 67% en moyenne vivant avec moins de 1 dollar par jour. Le taux d’accès à l’eau potable se situe, quant à lui, autour des 30%, pour un taux d’assainissement évalué à 45%.
Avec un niveau de 30%, le taux de scolarisation pour l’ensemble du système éducatif (primaire au supérieur) est l’un des plus faibles d’Afrique, le taux d’achèvement de l’enseignement primaire ne dépassant pas les 25%.

Enfin, la détérioration des conditions de vie est également perceptible au niveau santé, avec un taux de mortalité infantile qui est passé de 9,7% en 1995 à 17,6% en 2006. La prévalence globale VIH/SIDA, pour les 15-49 ans, est estimée à 4,3 % ; ce taux est parmi les plus élevés d’Afrique francophone.

Dernière modification : 30/12/2016

Haut de page