Discours de M. Serge MUCETTI, Ambassadeur, haut représentant en l’honneur de MME Francoise BARRE-SINOUSSI, prix nobel de médecine RESIDENCE DE FRANCE 25 OCTOBRE 2012

Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs et membres du corps diplomatique et du corps consulaire,
Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie vivement, Monsieur le Premier ministre, d’honorer de votre présence ce moment de convivialité, entouré des membres du Gouvernement qui vous accompagnent. Je vous serais reconnaissant, Monsieur le Premier ministre, de transmettre nos remerciements à Monsieur le Président de la république et l’assurer de notre gratitude.

Madame, au nom de mon épouse, des membres de la représentation de la France et des Français vivant en République centrafricaine, je veux vous exprimer notre fierté de recevoir dans cette maison, une illustre compatriote.

Le prix Nobel de médecine qui vous a été attribué avec le Professeur Luc Montagnier en 2008 honore son titulaire subitement auréolé des feux de l’actualité. Il met aussi en lumière des travaux certes bien connus de la sphère scientifique mais souvent ignorés du grand public.

Vous comprendrez que je ne parle pas du Sida, fléau des temps modernes, après votre conférence de cet après-midi qui nous a permis de constater que vous alliez parfaitement deux vertus pastoriennes : la recherche et la pédagogie.

Je souhaite aborder un autre point. A des journalistes de l’Express qui vous interrogeaient le 18 novembre 2008, quelques jours après l’annonce du prix Nobel, vous avez déclaré : « les femmes ont depuis longtemps investi la science mais elles sont longtemps restées confinées aux tâches subalternes. » Cette remarque valait aussi bien pour la recherche scientifique que pour d’autres domaines. Or, il est vrai que les femmes doivent occuper la place qui leur revient à l’égal des hommes.

Parallèlement au soutien aux activités économiques et aux entreprises, à la lutte contre la peine de mort, pour s’en tenir à quelques priorités, la France portera une attention particulière aux droits et au rôle des femmes et encouragera les initiatives prises en ce sens par la République centrafricaine. Car je considère que la place des femmes dans une société est, pour utiliser un vocabulaire scientifique, un véritable marqueur du degré de développement d’un pays.

Aujourd’hui, vous le savez, dans certains pays, sous l’effet de certaines forces, courants de pensée ou croyances religieuses, les droits des femmes régressent, leur accès au savoir et au monde du travail est limité, le droit à disposer librement de leur corps est banni, leurs droits civiques sont contestés.

Face à ces situations, ne restons pas inertes, n’ayons pas peur d’affirmer nos valeurs. C’est pourquoi, Madame, je saisis l’occasion de votre présence en cette terre d’Afrique pour rappeler l’indéfectible attachement de la France aux droits des femmes, de toutes les femmes, sur tous les continents, et puisque nous sommes en Afrique, aux droits des femmes africaines.

Je ne veux pas omettre de saluer ceux qui vous accompagnent, en particulier Mme Marie-Claude GEORGES, les représentants de la Fondation et du groupe TOTAL. Je veux aussi rendre hommage au travail inlassable de tous les chercheurs français et centrafricains de l’Institut Pasteur de Bangui que je présentai, ici-même, le 14 juillet dernier comme un fleuron et un symbole de la présence de la France dans ce pays depuis un demi-siècle.

Madame, vous connaissez la République centrafricaine. Elle vous a accueillie, adoptée et honorée. Vous avez dit ce matin y être « irrésistiblement attachée » la voix remplie d’émotion. Elle l’a fait avec sa chaleur et sa cordialité coutumières en réponse à votre lien si particulier. Comme Madame le Recteur et vous-même l’avez dit : vous n’êtes pas étrangère au fait que les critères biologiques et chimiques pour la définition du Sida soient encore dénommés : « critères de Bangui. »

La science, la condition des femmes, l’Afrique, le travail, le dévouement aux grandes causes de l’humanité sont vos caractéristiques. Quand le Grand PASTEUR disait que la science n’a pas de patrie il voulait dire qu’elle était universelle. Vos multiples engagements témoignent de cette universalité, consacrée par la plus prestigieuse récompense au monde.

Le prix Nobel couronne cette partie de votre vie consacrée à la science, la science à laquelle vous donnez votre énergie, votre enthousiasme et au service de laquelle vous mettez une extraordinaire capacité de travail.

C’est sur le travail et la force que donne le savoir que je conclurai en laissant la parole au Grand PASTEUR : « Une fois qu’on est fait au travail, on ne peut plus vivre sans lui. D’ailleurs c’est de là que dépend tout le monde ; avec de la science on est heureux ; avec de la science on s’élève au dessus de tous les autres. »

Merci Madame, d’être parmi nous ce soir.

Dernière modification : 30/10/2012

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