DISCOURS DE L’AMBASSADEUR, HAUT REPRESENTANT DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE A L’OCCASION DE LA COMMEMORATION DE L’ARMISTICE DU 11 NOVEMBRE 1918 11 NOVEMBRE 2013

AMBASSADE, HAUTE REPRESENTATION DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

DISCOURS DE L’AMBASSADEUR, HAUT REPRESENTANT
DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE
A L’OCCASION DE LA COMMEMORATION DE L’ARMISTICE DU 11 NOVEMBRE 1918
11 NOVEMBRE 2013

La sonnerie du cessez le feu qui retentit le 11 novembre 1918 à 11 h 00 du matin, il y a quatre-vingt-quinze ans, annonce la fin des combats.

La joie de la Victoire n’allège pas le chagrin des veuves, des orphelins, des familles dont les fils sont morts au combat. Elle ne soulage pas ceux qui garderont à jamais dans leur corps, la morsure de la guerre. Sans cesse, ils revivront les tirs assourdissants du pilonnage d’artillerie. Gueules cassées, ils ne reconnaîtront plus leur propre visage. Infirmes, gazés, estropiés, à peine humains, ils sont les témoins vivants des atrocités qu’ils ont vécues. Mais cette joie marque l’espoir du retour à l’ordre des choses : celui qui veut que ce soient les fils qui enterrent leur père…

La Victoire, la Patrie ressoudée, les honneurs décernés aux survivants n’atténuent en rien le souvenir de ceux qui ne reviendront pas de l’enfer. Beaucoup dorment dans une terre qui ne les a pas vus naître, souvent inconnus, leurs os mêlés pour l’éternité à ceux de leurs frères d’armes et dont le nom, gravé sur un monument, est la seule pierre tombale.

Bientôt, nous entrerons dans la commémoration du centenaire de la Première guerre mondiale que le Président de la République vient de lancer. Elle ravivera la mémoire de la plus terrible des guerres et la naissance d’un nouvel ordre social, avec une place nouvelle faite aux femmes. Au front comme infirmières, aux champs, à l’atelier, à l’usine, dans les autobus et les trains, le commerce et l’industrie, partout les femmes prennent la relève et assument leur rôle nouveau de chef de famille. Femmes et soldats sont unis dans le même effort de guerre. Gardons dans nos mémoires et dans nos vie, ce grand, cet intense, ce noble moment d’unité nationale.

La guerre n’a pas atteint le territoire national depuis longtemps. Pourtant, nombreux sont tombés en faisant leur devoir, lors d’opérations extérieures auxquelles participe la France. L’hommage rendu le 11 novembre à tous les morts pour la France, les confond dans le long cortège funèbre des héros de la France éternelle qui, à toutes les époques, se sont sacrifiés pour que nous soyons ce que nous sommes. Si nous sommes fiers d’eux, montrons-nous, aussi, dignes d’eux.

J’associe dans cette pensée, nos compatriotes retenus en otages simplement parce qu’ils sont Français et Mme Ghislaine Dupont et M. Claude Verlon, assassinés, il y a quelques jours, à Kidal, au Mali.

Pour nous qui célébrons la Victoire loin de France, nous ressentons encore davantage la force de ce lien national qui s’exprime aujourd’hui, dans la longue chaine du temps, qui fait de nous une Nation, avec son histoire, ses valeurs et son génie.

Sur cette terre d’Afrique, nous ressentons aussi notre relation particulière avec les soldats partis se battre au loin sous nos couleurs, notamment les vétérans centrafricains que je salue. C’est pourquoi, nous ressentons encore plus vivement, ce désir, ce besoin, cette nécessité de paix et de sécurité. Que cessent les luttes armées, que cessent les exactions ! Assez de blessures à l’humanité, assez de crimes contre les droits de l’Homme. Peuple Centrafricain, que fais-tu des héros de Bir-Hakeim ?

Oui, sur cette terre centrafricaine, nous ressentons plus encore la force de l’engagement de la France et de ses Alliés pour contribuer à rétablir la paix et la concorde à travers le détachement Boali que je salue.

Officiers, sous-officiers militaires du rang du détachement Boali, mes chers compatriotes, mes chers amis, soyons fiers d’être Français, de porter haut son message de Liberté, d’Egalité et de Fraternité que nous partageons avec tous ceux qui se battent pour les valeurs universelles de la paix, de la justice et du droit.

Quelques mots pour finir, simplement pour rappeler le message que le Généralissime des armées alliées, adresse à tous les combattants le 12 novembre 1918 :

« Officiers, Sous-officiers, Soldats des armées alliées,
Après avoir résolument arrêté l’ennemi, vous l’avez pendant des mois, avec une foi et une énergie inlassables, attaqué sans répit.
Vous avez gagné la plus grande bataille de l’Histoire et sauvé la cause la plus sacrée : la liberté du monde.
Soyez fiers. D’une gloire immortelle vous avez paré vos drapeaux. La postérité vous garde sa reconnaissance.
Signé : Le Maréchal de France, Commandant en chef des armées alliées, Ferdinand Foch. »

Vive la République, vive la France.

Dernière modification : 11/11/2013

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