Conférence de presse, discours et entretien de Laurent FABIUS

Conférence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, du 13 octobre 2013

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Q. Depuis le 24 mars 2013, la Seleka centrafricaine a renversé le pouvoir de l’État. Cette coalition rebelle est en train d’écumer toute les régions de la République centrafricaine tuant, pillant, profanant les édifices notamment les églises et commettant toutes les exactions possibles.
Vous venez de faire un tour d’horizon avec les autorités centrafricaines dont le chef de l’État qui est le leader de cette coalition rebelle. Si la République centrafricaine n’est pas le Mali, quelle est la partition qui revient à la Centrafrique selon vous ?

R. Tout d’abord, merci beaucoup de votre question. Le Mali et la Centrafrique sont deux questions tout à fait différentes.
Au Mali, il s’agissait de libérer un pays du terrorisme. En Centrafrique, il s’agit d’aider les Centrafricains à reconstruire leur pays et leur Etat. J’ai effectivement rencontré les autorités de transition et aussi les autorités religieuses. J’ai effectué une visite, trop rapide mais très impressionnante, auprès d’une unité de pédiatrie qui fait un travail remarquable. Je vais aussi m’entretenir avec nos propres militaires et, de tout ceci, je retire quelques conclusions pour répondre à votre question.
Nous avons ici trois problèmes très graves. Le premier est un problème de sécurité. L’urgence, c’est de rétablir la sécurité partout en Centrafrique. Vous avez parlé de la Séléka, elle a été dissoute par M. Djotodia. Cette dissolution doit être effective, c’est-à-dire qu’il ne peut pas y avoir de bandes armées, que ce soit à Bangui ou dans le reste du pays. Pour venir à bout de ceux qui résisteraient, il faut à la fois que les forces centrafricaines puissent être sur le terrain avec des équipements et que les forces africaines des quatre pays qui composent les forces d’interposition puissent avoir la capacité d’agir. Elles sont aujourd’hui au nombre de 2.100 mais vont atteindre 3.500 hommes. La France va les aider bien évidemment. Actuellement, nous avons 410 hommes chargés essentiellement de la protection de l’aéroport et de faire des patrouilles dans Bangui. Mais, compte tenu des décisions de la communauté internationale telles qu’elles sont mises en forme par le conseil de sécurité, ces différentes forces vont pouvoir intervenir davantage, rapidement et efficacement. J’espère que ceci contribuera à rétablir la sécurité.
Deuxièmement, il y a l’aspect humanitaire. J’ai eu la chance de venir ici avec la commissaire européenne chargée des questions humanitaires, qui est une femme extrêmement compétente et qui a déjà beaucoup agi pour le déploiement d’ de l’aide humanitaire. Mais il y a encore beaucoup à faire et nous allons le faire. Cela signifie venir en aide à la population sur les plans de la santé, de l’alimentation et, bien sûr, sur le plan économique.
Vous savez que nous avons rétabli le contact avec les organismes économiques internationaux, ce qui est très important. Nous allons examiner la question des rémunérations puisqu’il y a beaucoup de fonctionnaires qui ne sont pas payés. Il faut donc voir comment on peut faire pour les payer et ceci en liaison avec un homme qui a la confiance de la communauté internationale, le général Gaye qui est ici. Il dirige le bureau des Nations unies pour la Centrafrique. Tout ceci sera fait dans les semaines qui viennent.
Le troisième point, c’est la préparation de la transition politique. Il a été exigé - et les Centrafricains en sont pleinement d’accord - des autorités de transition que des élections libres aient lieu au début de 2015 et que ces autorités ne n’y soient pas candidates - ils nous l’ont confirmé. Mais, cela demande une préparation puisque dans un certain nombre de villes et de villages, l’état-civil a été détruit. Il faut qu’une commission électorale soit mise sur pied et il faudra organiser un référendum constitutionnel. Nous avons discuté de tout cela avec les autorités de transition et nous visons donc comme objectif - ce n’est pas facile mais il faut le remplir – d’avoir un nouveau pouvoir, légitime bien sûr, au début de l’année 2015.
Vous parlez des affrontements religieux. J’ai rencontré, avec Mme Georgieva, les chefs de l’église catholique, des protestants et des musulmans qui ont une unité de vue totale sur ces questions. La tradition de la Centrafrique n’est pas du tout celle d’affrontements religieux. Les Centrafricains depuis des décennies ont pris l’habitude de travailler ensemble. Ils ont chacun la religion qu’ils veulent ou sont athées mais la religion n’a pas à se mêler de la politique. Certains ont voulu établir un lien entre la religion et la politique et monter en épingle des affrontements entre les musulmans et les chrétiens. Nous refusons ces affrontements et j’ai été extrêmement heureux de voir que, tant du côté des protestants et des catholiques que des musulmans, il y a une volonté au niveau des autorités de refuser ces affrontements. C’est également le souhait et la position de la communauté internationale, de l’Europe et de la France.
Soyons clairs, il y a des problèmes à résoudre en Centrafrique, vous êtes les premiers à le savoir, mais en aucun cas, il ne saurait être accepté des affrontements religieux. Cela est clair et net.
Ce que je suis venu dire c’est quoi ? C’est que la communauté internationale, l’Europe, et singulièrement la France, ont maintenant pris la décision de placer la Centrafrique en haut de l’agenda. Nous n’allons pas vous laisser tomber, cela ne veut pas dire que ce sera facile. Les Centrafricains sont des gens courageux, ils savent qu’il y a du travail à faire mais nous allons - la communauté internationale, l’Europe et la France - nous en occuper sérieusement pour redresser la Centrafrique.

Q. La France est la mère patrie, qu’on le veuille ou non.

R. Nous avons des liens très précieux ensemble, tous mes interlocuteurs ont dit qu’ils voulaient maintenir et développer ces liens.

Q. Nous venons de nous rendre compte que vous vous êtes de plus adressé à la communauté française à laquelle nous sommes très reconnaissants.

R. En effet je l’ai rencontrée.

Q - Merci. Nous vous souhaitons surtout un très bon séjour ici même si c’est très court. Vous êtes ici avec la commissaire européenne qui était déjà là il y a un mois environ. Elle a fait l’évaluation des dégâts, nous avons été très sensible à sa compassion et nous pouvons encore vous dire qu’aujourd’hui, la situation est restée la même. L’agenda que vous fixez avec les thématiques sécuritaire, humanitaire et électorales, c’est d’ici les années 2014-2015. Mais, à l’heure où nous vous parlons, ils sont en train de tuer. Monsieur le ministre, la RCA est un pays comme la France où il n’y a jamais eu une hégémonie d’une communauté culturelle religieuse. Aujourd’hui, nous vivons un choc culturel sans précédent, partout nous voyons, j’en ai eu un exemple patent il y a quelques jours, qu’on a mis en place et nommé les commandants des zones militaires. Ils sont tous musulmans. Nous sommes tout à fait d’accord pour une alternance en matière de gouvernance avec davantage de musulmans parce que la population de RCA compte des musulmans mais le fait qu’il y ait ce changement, qui se transforme en un choc culturel, montre qu’il y a urgence. À l’instant où je vous parle, on continue de tuer et votre agenda est bien loin de cette réalité.

R. Je suis parfaitement conscient de cette urgence, notre calendrier doit s’adapter à votre urgence et pas le contraire. Je prendrais un exemple concernant les rémunérations de ceux qui ne sont pas payés. J’ai demandé à ce que, dès les jours qui viennent, il y ait une rencontre entre le général Gaye et M. Djotodia pour que cette question soit réglée et elle peut l’être. C’est une affaire de jours, pas de mois ni d’années.
Quant à la question de la sécurité, cela risque de demander un peu plus de temps car nous ne pouvons pas intervenir sans mandat international. C’est la règle. La première résolution, passée il y a quelques jours, ne le permet pas encore puisqu’elle demande au secrétaire général de nous faire rapport. La deuxième résolution le permettra.
En tout cas, il faut dès maintenant que ceux qui commettent ces exactions sachent qu’il n’y aura pas d’impunité.

Q. Même si cela concerne le chef de la transition ? Car c’est lui qui entretient, par ses propos, ces dissensions.

R. C’est un jugement et je ne veux pas entrer là-dedans. L’attitude générale de la communauté internationale est que tous ceux, quel que soit leur niveau, qui commettent des exactions devront rendre compte de leurs actes.
Je vais dans le sens de ce que dit Mme Kristalina Georgieva. Nous ne disons pas aux Centrafricains, qui ne le croiraient pas et ils auraient raison, qu’entre aujourd’hui et demain tout sera réglé. Personne ne le croirait, mais nous disons que cette fois-ci, nous nous sommes engagés à ce que très rapidement les choses changent dans le bon sens en Centrafrique.

Q. Vous venez de dire que vous avez fait le tour des dirigeants de l’Afrique centrale. Qu’avez-vous dit au président Deby car les Centrafricains se plaignent du comportement du contingent tchadien qui prend part, qui supporte les « Seleka » tchadiens.

R. J’ai écouté ce que m’a dit le président Deby car je pense qu’avant de prendre position, il faut toujours écouter ce que disent les interlocuteurs. D’autre part, j’ai entendu ici, en effet, formuler ce reproche. Il y a une longue histoire et en même temps une géographie commune entre le Tchad et la République centrafricaine. Ce que je comprends, c’est que l’intérêt du Tchad est d’avoir une Centrafrique qui soit en paix. Personne ne peut avoir intérêt à avoir à ses frontières un pays qui soit dans un état aussi dévasté que l’est la Centrafrique. Bien sûr, il faut être attentif à cette situation et je pense que l’ensemble de la région d’Afrique - y compris le Tchad - de la Communauté économique des États d’Afrique Centrale auront à coeur de relever la Centrafrique.
C’est en tout cas dans cet esprit-là que nous allons travailler. Je n’ignore pas les reproches qui sont faits et dont vous vous êtes fait l’écho. Le président Deby qui connaît très bien les choses ne l’ignore pas non plus. S’il y a des choses qui ne vont pas, il faut y remédier./.


Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, avec « Europe 1 » du 13 octobre 2013

Q. (Sur la situation en République centrafricaine et le soutien militaire de la France)

R. La situation ici en Centrafrique est effrayante. Pour vous donner une idée : il y n’a que sept chirurgiens pour une population de cinq millions d’habitants. Nous avons décidé, nous les Français, de relever le défi avec les Européens, avec la communauté internationale. Il faut agir pour rétablir la sécurité. Cela passe par la dissolution d’une milice, la Seleka, ainsi que par l’intervention des pays africains de la région, avec le soutien de la France.
La situation est très différente de celle qui prévalait au Mali. Au Mali, il s’agissait de libérer un pays du terrorisme - nous l’avons fait. Ici, il s’agit de reconstruire un pays, un État - ce sont deux choses différentes. Actuellement, nous avons quatre cent dix hommes qui sécurisent l’aéroport et font des patrouilles dans Bangui. Il ne s’agit pas d’envoyer des parachutistes, mais nous allons augmenter un peu les effectifs, dans un premier temps, avant de les stabiliser à nouveau ; ceci sera fait vraisemblablement d’ici la fin de l’année./.

Discours de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, devant la communauté française du 13 octobre 2013

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Monsieur l’Ambassadeur, Madame la Ministre des affaires étrangères, Madame la Commissaire européenne, Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

D’abord merci à chacune et à chacun d’avoir pris de votre temps de ce dimanche après-midi pour venir à notre rencontre. Je dis « notre » puisque j’ai le plaisir d’être accompagné, dans cette visite rapide, de Mme Kristalina Georgieva, la commissaire européenne à la coopération internationale, à l’aide humanitaire et à la réaction aux crises, ainsi que de la ministre des affaires étrangères de l’autorité de transition.
Je suis venu ici d’abord pour vous rendre hommage. La situation en Centrafrique a été très difficile, elle continue de l’être. Quand je dis que la situation a été « très difficile », ce ne sont pas des choses abstraites : vous avez, toutes et tous, soit directement soit à travers vos familles, à travers votre entreprise, votre travail, été frappés par les événements qui se sont produits au cours des derniers mois. Beaucoup d’entre vous ont tout perdu. Quand on est dans un pays loin de la France, quand on aime à la fois ce pays et la France, on est très durement frappé quand une épreuve de cette sorte advient.
Je veux donc vous remercier du courage dont vous avez fait preuve. Je me suis tenu régulièrement informé de ce qui s’est passé ici, en lien avec l’ambassadeur qui fait un excellent travail ; je veux l’en remercier ainsi que tous ceux qui travaillent à ses côtés. La France, en tout cas le gouvernement français, a été attentif de ce qui se passait ici. Je ne veux pas dire que l’on puisse effacer la difficulté d’un trait de plume ou à travers un discours, mais ce que je veux vous dire - et c’est le sens de ma visite et de celle de notre amie, commissaire européenne -, c’est que la communauté internationale, et singulièrement l’Europe et très singulièrement la France, ont décidé de ne pas vous laisser tomber et de prendre les problèmes centrafricains à bras-le-corps.

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Récemment, lors de l’Assemblée générale des Nations unies, le président de la République française a voulu consacrer une partie importante de son discours à la Centrafrique pour lancer ce qu’il a appelé un cri d’alarme sur la situation actuelle. Parce que, même si la Centrafrique est un vaste pays, sa population n’est pas très nombreuse et, dans l’océan des crises qui existent à travers le monde, disons les choses franchement, la Centrafrique n’a pas été jusqu’ici le point focal de l’attention internationale.
Nous avons décidé, en liaison avec nos amis européens, de changer la donne. Nous avons donc mis désormais la Centrafrique en haut de l’agenda. Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ? Il y a beaucoup de problèmes qui se posent, mais il y en a trois en particulier qui recouvrent les décisions que nous allons devoir prendre, en liaison avec les autorités de transition et la communauté internationale.
D’abord, il y a un grave problème de sécurité. Un pays dans lequel la sécurité n’est pas assurée n’offre pas ce qu’il demande à la population et aux étrangers, et ne peut pas se développer correctement. Il faut donc rétablir la sécurité. M. Djotodia a prononcé la dissolution de la SELEKA mais il faut maintenant que cette dissolution entre dans les faits et nous allons y veiller. Il faut que, peu à peu, les autorités militaires locales retrouvent de la réalité. Il faut que les effectifs des troupes africaines qui apportent leur concours augmentent. Je pense au Tchad, au Gabon, au Congo. Ils sont actuellement près de 2.100 ; l’objectif fixé par la communauté internationale est de passer à 3.500 hommes. Il faut que les Français - et je salue les troupes françaises qui font un admirable travail, je leur rendrai d’ailleurs visite dans un moment - non seulement continuent leur travail mais puissent, le moment venu, l’étendre ; je vous en dirai un mot dans un instant. Et puis, il faut que les exactions de toutes sortes, souvent graves, qui existent à Bangui et dans l’ensemble du pays cessent, ce qui signifie la mise en place d’une organisation matérielle qui permette de rétablir la sécurité. C’est le point numéro un.
Parallèlement, il faut que nos actions humanitaires soient renforcées. Mme Georgieva a la lourde charge au plan européen de s’en occuper et elle a commencé de le faire d’une façon remarquable. Mais l’Europe - je crois pouvoir le dire Chère Kristalina - est décidée à aller plus loin et à être un petit peu la force d’entraînement de la communauté internationale, au plan mondial, des Nations unies. En même temps, il faut que cette action humanitaire soit parfaitement concordante avec les besoins. Nous avons visité tout à l’heure une unité pédiatrique qui fait un travail admirable mais qui est débordée par le nombre d’enfants. Et même si la mortalité des tout jeunes enfants a diminué, elle reste quand même supérieure à 10 %, ce qui est énorme. Je veux saluer, là aussi, le dévouement extraordinaire de toutes celles et de tous ceux qui s’occupent de ce secteur très important.

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Sécurité. Action humanitaire. Et, enfin, transition politique.
Dans les accords qui ont été passés et qui doivent être respectés, il est convenu que des élections générales libres devront avoir lieu au plus tard au début de l’année 2015. Cela semble loin mais c’est très proche, car il faut faire un travail considérable d’ici là. Il faut que soit voté un certain nombre de textes. Tout à l’heure, pendant notre rencontre, les autorités de transition ont pris l’engagement que d’ici la fin du mois d’octobre - c’est très rapide -, tous ces textes seront été votés. Il faut ensuite qu’une mission, sous la direction du général Gaye - qui est un homme tout à fait remarquable et qui a la confiance des autorités internationales - vienne sur place pour examiner ce qu’il faut améliorer concrètement pour que des élections puissent avoir lieu.
Ensuite, il va falloir faire un travail sur l’état-civil, sur l’organisation pour que, d’abord, le référendum constitutionnel puisse avoir lieu et qu’ensuite les élections puissent se tenir ; élections dont, à la fois le chef de l’autorité de transition, le chef de l’État de transition et le Premier ministre m’ont répété qu’ils s’étaient engagés à ce qu’aucun d’entre eux, pas plus que les membres du gouvernement, n’y soient candidats. Ceci méritait d’être répété devant les représentants de la communauté internationale que nous sommes.

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Sécurité, aspect humanitaire, préparation des élections.
Comment peut-on assurer tout cela ? Par des actions à la fois françaises, européennes et internationales. Cette semaine a été adoptée par le conseil de sécurité des Nations unies, à l’unanimité, une résolution qui porte sur la Centrafrique et qui donne mandat au secrétaire général des Nations unies, M. Ban ki-Moon, d’ici un mois, de faire rapport sur la situation et sur ses propositions pour l’améliorer.
Une deuxième résolution sera donc présentée à la fin du mois de novembre-début décembre qui, à la fois, précisera les points que je viens de développer et qui donnera mandat aux forces africaines et aux forces françaises pour aller plus loin en matière de rétablissement de l’ordre, non seulement en ce qui concerne Bangui mais aussi dans le reste du pays.
Et puis, lorsque nous aurons atteint le printemps, une troisième résolution des Nations unies interviendra pour, vraisemblablement, organiser tout cela sous forme de ce que l’on appelle une opération de maintien de la paix, c’est-à-dire sous contrôle des Nations unies avec les Casques bleus.
Parallèlement, des actions devront être menées en matière humanitaire, en matière de développement. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont accepté à nouveau de traiter avec ce pays. Il y aura bientôt des réunions en ce sens. Nous nous sommes entretenus avec les autorités de transition de la façon dont des questions essentielles telles que le paiement des salaires ou le bien-être de la population puissent rapidement progresser dans ce pays, dont j’ai le plaisir de le souligner qu’il ne s’appelle pas la Centrafrique pour rien. On ne peut pas, comme c’est le souhait de la communauté internationale, de l’Europe et de la France, dire « l’Afrique est un continent en développement » si le centre de l’Afrique lui-même est laissé à l’abandon.

C’est donc le message principal que je veux vous adresser.

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À travers les entretiens que nous avons eus avec les autorités de transition, avec les autorités religieuses que nous venons de rencontrer, avec différentes personnes - j’ai consulté les quatre présidents des pays limitrophes avant de venir ici -, à travers tous ces contacts, il y a un message simple : « Vous avez énormément souffert, la situation, disons-le, reste encore extraordinairement difficile, mais la communauté internationale, l’Europe et, au premier rang, la France, ont décidé, avec vous, de relever le défi. »
Voilà en quelques mots ce que je voulais vous dire au nom du président de la République française et au nom du gouvernement français. Je suis particulièrement heureux d’être accompagné de la commissaire européenne parce que je crois que lorsque l’Europe et la France décident ensemble de relever un défi avec la communauté internationale, peu de choses peuvent les en empêcher.
Il y a tant de situations difficiles dans le monde, mais je pense qu’il est à notre portée de redresser celle-ci. Cela demandera, bien sûr, de votre part, un effort dont nous vous savons capables, puisque, si vous êtes ici, c’est que vous aimez la Centrafrique. Vous ne seriez pas restés ici, dans des conditions très difficiles, si vous n’aimiez pas à la fois ce pays et la France.
Je veux, non pas me présenter ici comme quelqu’un qui peut, en un tour de main, apporter toutes les solutions. Ce n’est pas ainsi que les choses se passent. Il faut un travail à chaque instant et pendant plusieurs mois. Mais, je pense, connaissant un peu ces situations, qu’il existe un espoir pour nous tous.
Je veux vous remercier de ce que vous avez fait jusqu’ici dans des conditions très compliquées, vous remercier à l’avance de ce que vous allez faire. Mais sachez que l’amitié traditionnelle qu’a portée la France à la Centrafrique, nous voulons la manifester de nouveau pour aujourd’hui et pour demain.
Vive la République française ! Vive la Centrafrique ! Vive l’Europe ! Et vive l’amitié entre nos peuples ! »

Dernière modification : 30/12/2016

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