Célébration du 14 juillet à Bangui : réception à la résidence de France

Répondant à l’invitation de l’ambassadeur Charles Malinas, plus de 600 personnes ont célébré la Fête nationale à la résidence de France à Ouango.

La réception en images :


2014 Pierre Mattot

2014 Pierre Mattot

2014 Pierre Mattot

2014 Pierre Mattot

2014 Pierre Mattot

2014 Pierre Mattot

2014 Pierre Mattot

2014 Pierre Mattot

2014 Pierre Mattot

Discours de l’ambassadeur :

Madame la Présidente,
Mesdames et messieurs les membres du Gouvernement,
Mesdames et messieurs les membres du Conseil national de Transition
Monsieur le Conseiller des Français
Messieurs les ambassadeurs
Messieurs les généraux
Mesdames et messieurs les membres des cabinets,
Mesdames et messieurs les présidents d’associations
Mesdames et messieurs les chefs d’entreprise
Chers amis de la France
Chers compatriotes

Si nous étions en 1789, j’aurais simplement dit :
Citoyens !

Nous sommes le 14 Juillet
Il y a 225 ans les sans-culotte prenaient la Bastille, symbole de l’arbitraire. Deux semaines plus tard c’était le vote de la fin des privilèges de la noblesse. Puis la République.
Puis ce furent les excès de la Révolution, la Terreur et son cortège de morts, et puis le retour à une forme de monarchie, l’empire, puis de nouveau une République, puis un empire de nouveau, puis la troisième République, le sinistre épisode de Vichy, de nouveau une République, la 4ème, enfin la 5ème, celle que les Français connaissent depuis 56 ans.
La France a connu une histoire tourmentée. C’est peut-être pour cela qu’elle comprend mieux les tourments des autres.

Si nous avions été en 1789 j’aurais dit citoyens !, car la devise de la République a placé en son centre l’Égalité.
Liberté, Égalité, Fraternité. La devise est toujours l’expression de l’objectif que la Nation s’efforce d’atteindre – ce qui paraît le plus important au moment où elle est établie.

Madame la Présidente,
Chers amis centrafricains,

Votre beau pays, la République centrafricaine, Be Afrika, le cœur de l’Afrique, a pour devise Unité, Dignité, Travail.

Je veux vous dire une nouvelle fois, au nom du Président de la République, l’engagement de la France à vos côtés avec la Force Sangaris, avec ses 2.000 soldats engagés aux côtés de l’EUFOR en appui de la MISCA et très bientôt de la MINUSCA, pour que ces trois mots pleins de force trouvent toute leur expression.

L’engagement à vos côtés pour que l’UNITE du pays soit préservée, pour que tous ceux qui ont été contraints de quitter leurs maisons puissent les retrouver et que nous les aidions à les reconstruire ; pour que ceux, musulmans pour la plupart, qui ont dû fuir et trouver refuge dans d’autres pays puissent revenir.
L’Unité contre ceux qui entretiennent la chimère d’un État séparé dont on ne sait même pas qui et quoi devrait le composer.
Mais aussi l’Unité pour que toutes les régions de la Centrafrique connaissent le développement auxquels aspirent leurs populations, l’Unité enfin des forces de la Nation dont l’effort commun est plus que jamais indispensable pour réussir la Transition.

L’Unité est indissociable de la DIGNITE. La Dignité qui est au cœur de votre devise. Permettre à tous les Centrafricains d’affirmer et de vivre leur Dignité c’est, Madame la Présidente, l’une de vos préoccupations majeures.
C’est aussi celle de la France.
Il faut permettre à chacun de vivre dans la sécurité, mettre un terme aux intolérables violences, désarmer les combattants et à cette fin désarmer les esprits et les cœurs, rendre justice aux victimes et reconstruire l’Etat.

Et la Dignité ne va pas sans le TRAVAIL, car c’est le Travail qui permet aux parents de nourrir leur famille, c’est le Travail qui permet aux jeunes de regarder l’avenir avec confiance. La France est à vos côtés pour cet effort considérable que vous accomplissez en faveur du Travail, mais aussi de l’éducation – qui est l’urgence du futur – et la santé.
Elle est à vos côtés avec l’Agence française de développement, mais aussi avec ses entreprises et ses citoyens présents de longue date à Bangui et dans le pays, que je veux remercier maintenant.

Unité, Dignité, Travail. Trois mots beaux et forts que je veux saluer et honorer avec vous, Madame la Présidente, avec vous mes chers amis, 225 ans après qu’en France des femmes et des hommes se sont soulevés pour la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.

Permettez-moi de saluer particulièrement nos partenaires dans cette œuvre collective pour la Centrafrique :
les Nations Unies et ses agences, l’Union Africaine, la CEEAC, l’Union européenne,
et aussi la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Organisation de la coopération islamique, l’Organisation internationale de la Francophonie, les partenaires bilatéraux, africains et non africains, avec en première ligne aujourd’hui le médiateur.
la Croix Rouge - Croissant Rouge et les Organisations non gouvernementales dont le travail est fondamental, et formidable.
Tous nous œuvrons pour ramener enfin la paix, la réconciliation et la concorde nationale.

Après ces mois d’affrontements et de peur j’ai voulu faire de ce 14 juillet 2014 un moment de partage. Parce que la commémoration de la Révolution française est aussi un moment d’espoir.

Un moment de partage car la vie est plus forte que tout, mais aussi un moment où nos pensées vont d’abord et avant tout aux milliers de victimes des violences depuis plus d’un an. Un moment d’hommage également à tous ceux qui sans relâche contribuent à l’œuvre de paix, et en particulier aux soldats de Sangaris et de la MISCA qui ont poussé leur engagement jusqu’au sacrifice de leur vie.

Vous tous qui avez bien voulu honorer cette Résidence de France de votre présence, vous savez ce que tout cela veut dire. Tous sans exception vous êtes engagés dans cette entreprise de reconstruction d’une Centrafrique apaisée, unie, digne et prospère.

Permettez-moi de remercier tous ceux qui ont rendu possible cette rencontre. Les entreprises qui nous ont généreusement soutenus ; la force Sangaris qui nous a prêté ces tentes qui nous abritent, et qui assure notre sécurité ; tous les personnels de l’ambassade et de la résidence qui se sont mobilisés avec ardeur et dévouement pour assurer la réussite de ce moment.
A tous et à chacun je veux dire merci.

Mbî mû singîla na ala kwë sô aga na matanga tî 14 juillet.
I tê nzoni, i gnon nzoni

Singîla mingi na Madame la Présidente
Singîla mingi na ala kwë

Bê Afrika na ndû zû !
Et Vive la France !

Dernière modification : 30/12/2016

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